RESUME Introduction : la brucellose fait partie des zoonoses les plus répandues au monde. L’OMS estime l’incidence annuelle mondiale de cette maladie à 500.000 cas. Elle est réputée contagieuse et est classée sur la liste unique des maladies animales graves de l’Organisation Mondiale de la Santé Animale avec des répercussions importantes sur la santé publique et l’économie de la plupart des pays en voie de développement. Objectif : cette étude visait à déterminer la séroprévalence et les facteurs de risque y associés de la brucellose caprine et humaine dans le territoire de Kipushi en République Démocratique du Congo (RD Congo). Matériels et Méthodes : une étude transversale analytique a été menée dans 4 entités (Antenne Kipushi, village Lumata, village Musoshi gare et village Sambwa) du territoire de Kipushi sur 347 caprins et 347 personnes. L’étude était focalisée sur les ménages vivant dans le contexte de la cohabitation homme-animal. La collecte des données a été faite à l’aide d’interviews sur base des questions semi-ouvertes qui ont été administrées aux ménages élevant les chèvres avec comme objectif de déterminer les potentiels facteurs de risque liés à la transmission de la brucellose caprine d’animal à animal et de l’animal à l’homme. La seconde démarche a consisté à déterminer la séroprévalence de la brucellose caprine et humaine en prélevant le sang pour en recueillir le sérum qui a été soumis à deux tests sérologiques : le test à l’antigène tamponné ou test de Rose Bengale (R-B) et le test immuno-enzymatique indirecte (i-ELISA). Une analyse de prévalence ainsi que le rapport de prévalence ont été utilisés à un intervalle de confiance de 95% pour comprendre la relation entre la séroprévalence et les facteurs de risque de la brucellose. Résultats : la séroprévalence de la brucellose caprine sur l’ensemble du territoire de Kipushi était de 26,9% au test R-B et de 16,4% au test de i-ELISA tandis que celle de la brucellose humaine était de 20,2% au test R-B et de 13,3% au test i-ELISA. Les facteurs ayant impacté statistiquement ces taux de prévalence étaient l’ignorance par les éleveurs de certains symptômes de la maladie (fatigue, avortement, manque d’appétit) et leur méconnaissance de certains moyens de transmission de la maladie (ingestion des aliments souillés, loger dans un environnement souillé, boire le lait non pasteurisé, cohabiter avec les animaux sous le même toit, manipuler les animaux malades, avoir un pâturage commun) et de certaines pratiques pour prévenir la brucellose (éviter de cohabiter avec les animaux, ne pas manipuler les animaux malades, porter des équipements de protection individuelle). Conclusion : Comparativement à beaucoup d’études menées sur la brucellose caprine et humaine, notre étude a relevé des taux de séroprévalence très élevés dans le territoire de Kipushi. L’ignorance par les éleveurs des caprins de certains symptômes de la brucellose, des moyens de transmission de cette maladie et de bonnes pratiques pour la prévenir était responsable de ces taux élevés de séroprévalence. Ces résultats montrent la nécessité de sensibiliser la population sur l’acquisition des connaissances sur les maladies zoonotiques avant d’entreprendre un élevage familial. Mots clés : Brucellose, homme, chèvre, prévalence, facteurs de risque, tests sérologiques, République Démocratique du Congo. ABSTRACT Introduction: Brucellosis is one of the most widespread zoonoses in the world. The WHO estimates the annual global incidence of this disease at 500,000 cases. Brucellosis is considered contagious and it is classified on the list of serious animal diseases of the World Organization for Animal Health with significant repercussions on Public Health and the economy of most developing countries. Objective: This study aimed to determine the seroprevalence and associated risk factors of caprine and human brucellosis in the territory of Kipushi, in the Democratic Republic of Congo (DR Congo). Materials and Methods: An analytical cross-sectional study was carried out in 4 entities (Kipushi Antenna, Lumata village, Musoshi station village and Sambwa village) in the Kipushi territory on 347 goats and 347 farmers. The study focused on households living in the context of human-animal cohabitation. Data collection was carried out using interviews based on semi-open questions which were administered to households raising goats with the aim of determining the potential risk factors associated to the transmission of caprine brucellosis from animal to animal and from animal to human beings. The second approach consisted of determining the seroprevalence of caprine and human brucellosis by taking blood to collect serum which was subjected to two serological tests: the buffered antigen test or Rose Bengal (R-B) test and the indirect enzyme immunoassay(i-ELISA). Prevalence analysis along with prevalence ratio was used at 95% confidence interval to understand the relationship between seroprevalence and risk factors of brucellosis. Results: the seroprevalence of caprine brucellosis throughout the Kipushi territory was 26.9% by the R-B test and 16.4% by the i-ELISA test while that of human brucellosis was 20.2% in the R-B test and 13.3% in the i-ELISA test. The factors that statistically impacted these prevalence rates were the breeders’ ignorance of certain symptoms of the disease (fatigue, abortion, lack of appetite) and their ignorance of certain means of transmission of the disease (ingestion of contaminated food, housing in a dirty environment, drinking unpasteurized milk, living with animals under the same roof, handling sick animals, having a common pasture) and certain practices to prevent brucellosis (avoid living with animals, not handling sick animals and wearing personal protective equipment). Conclusion: Compared to many studies carried out on caprine and human brucellosis, our study noted very high seroprevalence rates in the Kipushi territory. Ignorance by goat farmers of certain symptoms of brucellosis, the means of transmission of the disease and lack of good practices to prevent it was responsible for these high seroprevalence rates. These results show the need to raise awareness among the population on acquiring knowledge of zoonotic diseases so for better undertaking family breeding. Key words: Brucellosis, human, goat, prevalence, risk factors, serological tests, Democratic Republic of Congo.
¹. Université de Lubumbashi | Faculté de Médecine Vétérinaire | Service de Microbiologie, Immunologie et Maladies Infectieuses | Lubumbashi | RD Congo | ². Université de Lubumbashi | Faculté de Médecine Vétérinaire | Service d’expertise | Lubumbashi | RD Congo | ³. Université de Lubumbashi | Ecole de Santé Publique | Lubumbashi | RD Congo | This article is made freely available as part of this journal's Open Access: