RESUME Introduction : L’exploitation artisanale de l’or constitue une source majeure de revenus pour les populations de la préfecture de Siguiri, en Guinée. Toutefois, cette activité engendre d’importantes dégradations environnementales, en particulier la pollution des cours d’eau et des sols, affectant les affluents du fleuve Niger dans la région. Objectif : Cette étude vise à évaluer les risques de pollution des eaux et des sols dans les zones d’orpaillage des sous-préfectures de Kintinian et Doko. Méthodologie : L’approche repose sur l’analyse d’échantillons d’eau et de sol collectés à différents points des cours d’eau, notamment la rivière Kôba. Les résultats ont été comparés aux normes environnementales de la Banque mondiale. Une enquête de terrain a également été menée auprès des orpailleurs afin de documenter les pratiques de lavage et de gestion des effluents issus de l’orpaillage. Résultats : Les données d’enquête indiquent que 40,5 % des orpailleurs utilisent la calebasse pour le lavage, 49,9 % recourent aux tapis, et 9,9 % à d’autres techniques, telles que le « Daïfa ». Concernant la gestion des eaux usées, 38 % des orpailleurs rejettent directement les effluents dans les rivières, 28 % les déversent dans la nature, 31 % utilisent des puits perdus, et 3 % adoptent d’autres méthodes. L’analyse physico-chimique de l’eau de la rivière Kôba révèle un pH presque neutre et la présence de traces de métaux lourds. Conclusion : Les résultats mettent en évidence une contamination croissante des écosystèmes aquatiques et terrestres dans les zones d’orpaillage de Siguiri. Sans mesures appropriées, ces pollutions pourraient s’aggraver, affectant durablement l’environnement et la santé des populations locales. Mots-clés : Risque, Orpaillage, Pollution, Eau, Sol, Siguiri.
ABSTRACT Introduction: Artisanal gold mining is a major source of income for the population of Siguiri Prefecture, Guinea. However, this activity causes significant environmental degradation, particularly the pollution of water bodies and soils, affecting the tributaries of the Niger River in the region. Objective: This study aims to assess the risks of water and soil pollution in the gold mining areas of the sub-prefectures of Kintinian and Doko. Methodology: The approach is based on the analysis of water and soil samples collected at various points along local watercourses, including the Kôba River. The results were compared with the World Bank's environmental standards. A field survey was also conducted among gold miners to document their gold-washing techniques and effluent management practices. Results: Survey data show that 40.5% of miners use calabashes for washing, 49.9% use carpets, and 9.9% employ other methods such as "Daïfa." Regarding wastewater management, 38% discharge their effluents directly into rivers, 28% release them into the open environment, 31% use soak pits, and 3% apply alternative methods. Laboratory analysis of Kôba River water revealed an almost neutral pH and trace levels of heavy metals. Conclusion: The findings highlight increasing contamination of aquatic and terrestrial ecosystems in the gold mining zones of Siguiri. Without appropriate mitigation measures, this pollution could intensify, posing long-term risks to both the environment and public health. Keywords: Risk, Gold Mining, Pollution, Water, Soil, Siguiri.